Mardi 17 novembre 2009
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Par mattmanaman
Nous voilà à la veille du match retour contre l'Eire, et dans sa dimension
tragique, cette rencontre n'est pas sans nous rappeler un certain France-Bulgarie de 1993 disputé au Parc des Princes, un dernier match, décisif pour la qualification à la coupe du monde.
Après une victoire qui a mis du temps à se dessiner samedi soir, les Bleus de Raymond semblent en posiition de force, mais à se croire qualifié avant l'heure, ne risque-t-on pas de tomber, encore
une fois, de très haut? Rappelons nous de 1993.
Comment se présente ce match?
L'équipe d'irlande semble venir avec les mêmes intentions que samedi dernier, à savoir, laisser le jeu aux Bleus, et placer quelques contres
assasins. Ils comptent aussi s'appuyer sur leur point fort, qui est aussi un point faible de l'EdF, qui n'est autre que les coups de pieds arrêtés.
Pour cela, les verts irlandais devraient évoluer avec le même 11 qu'à Dublin. Pour la qualification, ils se disent sereins, mais pour y arriver, ils devront quoi qu'il arrive, gagner par n'importe
quel score autre que 1-0 (qui amènerait les deux équipes à disputer les tirs au buts).
Pour les Bleus, le seul changement obligatoire est en défense centrale où il faudra palier l'absence d'E.Abidal blessé à la cuisse gauche (déchirure de l'aponévrose). Son remplaçant devrait
être S.Squilaci, poussant ainsi W.Gallas à se décaler sur le côté gauche de l'axe central.
Pour notre part, on aurait pu souhaiter un ou deux changements supplémentaires ; M.Sissoko à la place de A.Diarra et S.Govou à la place de AP.Gignac. Pour Diarra, on peut s'inquiéter du niveau
qu'il affiche avec les Bleus alors qu'il étincelle avec les Marines et Blancs. Toulalan et Diaby absent, se serait alors l'occasion de découvrir Moussa Sissoko aux côtés de Lassana Diarra qui
apparait comme le taulier du milieu de terrain tricolore. Cette option pourrait savérer plus qu'intéressante au regard des performances que réalisent le Toulousain avec son club, dont il est
d'ailleur l'actuel meilleur buteur, ce qui n'est pas rien pour un milieu défensif. En pleine confiance, il sait se projeter vers l'avant et servir de lien entre le milieu du bas et le milieu du
haut (comme le dit A.Wenger en parlant de P.Vieira). Bref, il semblerait être uin complément idéal du madrilène qui, par son activité incessante, récupère un nombre de ballons incalculables et
compense sans cesse les montées des défenseurs. Cependant, il n'est pas certain que les essais soient de rigueur, et Raymond va sûrement s'appuyer sur ses joueurs les plus expérimentés ; il devrait
maintenir sa confiance à la paire Diarra-Diarra.
Pour ce qui est du remplacement de Gignac par Govou, ça s'inscrirait cette fois dans une volonté de privilégier l'expérience, mais surtout, ça permettrait à N.Anelka, en se situant dans l'axe, de
se sentir un peu plus libre de ses mouvements (même s'il a tendance les libertés sans qu'on le lui demande) plutôt que de lui imposer de jouer sur un côté où il n'a que peu d'influence sur le jeu.
Mais une fois encore, sauf blessure, alors qu'on pratique le Raymond depuis maintenant quelques années, on le voit mal changer les joueurs qui ont ramené la victoire de Dublin, là où les Irlandais
n'avaient plus connu la défaite depuis presque 4 ans.
Les supporters enfin au rendez-vous?
Les Bleus, qui sont allés s'imposer à Croke Park peuvent être fiers. On leur prédisait l'enfer, sur le terrain (par le fighting spirit
imposé par les joueurs), mais surtout dans les tribunes (par la ferveur des supporters), et comme au Marakana de Belgrade contre les Serbes, ils reviennent avec un résultat positif.
Peut on pour autant en conclure que, à l'image de son sélectionneur, T.Henry et ses coéquipiers se sentent pousser des ailes quand le public leur est hostile?
C'est peut être vrai quand ils ont joué chez l'adversaire (encore qu'il ne s'agissait que de l'Irlande et la Serbie qui sont loin des nations majeures que peuvent être l'Espagne, l'Angleterre
ou les Pays Bas), mais quand ils se font siffler chez eux, plutôt que de se surpasser, ils ont tendance à se désunir, à perdre patience et à s'agacer. C'est inquiétant quand on se rappelle que
la dernière visite des irlandais sur le sol français, on comptait pas moins de 30000 britaniques. Mais, alors qu'on annonçait un véritable marée verte sur notre Stade de France (ce qui fit dire
à P.Evra que dans un cas pareil, autant jouer les deux matchs en Irlande), le résultat de samedi soir semble avoir pour le moins douché les espoir irlandais, et ce ne sont QUE 15000 maillots
verts qu'on attend mercredi du côté de St Denis pour soutenir leur équipe. Evidemment, 15000 Irlandais qui chanteront comme 30000 Français.
Mais ce qui est moins inquiétant, voir même rassurant, c'est que les supporters bleus sont enfin enclins à aimer de nouveaux leurs protégés (tiens, comme c'est bizarre!Serait-ce l'odeur du
mondial qui approche?), et comme ils seront environs 65000 (si la fédé parvient à vendre tous les billets), on est en drit d'espérer d'eux un soutien comme aux plus belles heures afin de se
réconcilier avec son équipe, à défaut de se réconcilier avec son Raymond.
C'est d'autant plus intéressant que ces Bleus là ont rarement évolué devant un public totalement acquis à sa cause, à part peut être à Guingamp dernièrement, et on imagine bien les folles
envolées de T.Henry et les passements de jambes de Y.Gourcuff pour répondre aux hourras de leurs supporters. C'est si beau un stade qui s'enflamme pour ses joueurs.
Les conséquences de ce match.
Pour les Bleus, tout autre résultat qu'une défaite serait synonyme de qualification pour le mondial.
Une qualification qui ferait un bien fou à tout le monde ; des joueurs aux supporters en passant par le sélectionneur qui gagnerait quelques mois de surcis avant de laisser enfin la place à
quelqu'un de compétent.
Le public retrouverait enfin foie en ses joueurs qui le déçoivent (par les résultats, mais surtout par le jeu pratiqué)depuis si longtemps.
En ce qui les joueurs, ça leur enlèverait un gros poid. Mais ça leur permettrait surtout de disputer une Coupe du Monde, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Pour beaucoup, ça serait une
grande première, et une occasion de vivre une aventure exceptionnelle, d'emmagaziner une expérience incomparable. En plus, le fait de se qualifier dans la difficulté aura au moins une
conséquence positive sur le groupe ; en effet, celui ressortira d'autant plus soudé. L'acharnement médiatique et populaire contre cette équipe aura permis aux joueurs de se rapprocher les uns
des autres, de se forger un vrai esprit de groupe, unis contre les critiques acerbes venues de l'extérieur. En cas de victoire demain, le groupe en sortira grandi, et, à condition qu'elle soit
épargnée par les blessure et qu'elle puisse compter sur des joueurs frais (Ribéry) et expérimentés (Vieira), l'EdF peut espérer aller loin dans la compétition. Cependant, pour avoir le droit de
spéculer sur les chances de l'Equipe de France d'aller loin au Mondial de juin prochain, il faudra vaincre ces redoutables Irlandais.
Une défaite, par n'importe quel score (sauf 0-1 qui provoquerait des tirs au buts)engendrerait un véritable raz de marée, entraînant, entre autre, Raymond Domenech avec lui (ce qui ne
serait pas forcément une mauvaise nouvelle), mais qui marquerait aussi la fin de la carrière internationale de P.Vieira et peut être aussi de T.Henry. Quant à W.Gallas et N.Anelka, pas sûr
qu'après un tel désastre, ils aient la volonté de continuer à subir les sifflets à chaque fois qu'ils remettront les pieds dans un stade français, avec le maillot bleus sur le dos.
Alors, pour repousser toutes ces pensées négatives à l'après mondial, il n'y a qu'une solution : NE PAS PERDRE.
Jouer pour ne pas perdre, ça ressemble étrangement à la philosophie de Raymond, alors on peut espérer.
Dans le cas où les bleus échouaient, on peut déjà parier sur les mots de RD dans sa conférence d'après match. Pour ma part, je mise sur une demande d'enfants à sa femme Estelle...
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